Ce qu'Anaïs Nin a dit d'eux
Les portraits au fil du journal d'Anaïs Nin
Nin et ses ninets, années 1932-1934 : citations
On en a fait tout un pataquès depuis la parution des journaux : son mari, le nombre impressionnant de ses amant(e)s, plusieurs à la fois, l'inceste, etc. On a blâmé cette attitude, politiquement incorrecte, on n'a pas vraiment cherché à voir plus loin. Pour comprendre la vérité intime de Nin, il suffit de regarder dans ces mêmes journaux :
« Tout va bien quand je partage mes amours, comme avant – tout vivre par morceaux, par fragments. » (p. 376).
Otto Rank
« Portrait de Rank : Impression de finesse, de vivacité, de curiosité, de spontanéité. Le contraire des formules toutes faites, mécaniques, automatiques. Impression qu'il est toujours sur le point de créer, qu'il voit au-delà des détails au lieu de les prendre pour base. » (p. 398).
Henry Miller
« Pendant ma nuit blanche, je pense : Henry, mon amour, je peux t'aimer bien mieux, maintenant que tu ne peux plus me faire de mal. Je peux t'aimer plus gaiement. Plus librement. […] Crois-moi, rien n'a changé dans mes sentiments pour toi, si ce n'est mon courage. Mon esprit est fort, oui, mon esprit, mais pour marcher dans un amour, j'ai besoin de miracles, des miracles de l'excès, besoin d'être chauffée à blanc, et d'être deux ! » (p. 343).
René Allendy
« Une bonne part de mes caprices avec Allendy vient de ce que je cherche à me cacher à moi-même de quel piètre amant j'ai hérité. Qui aurait idée de coucher avec un magicien ? Les prophètes n'ont pas de sexe. » (p. 198).
Son cousin, Eduardo
« Il achète des livres qu'il ne lit jamais ; il achète du matériel de peinture, mais ne peint jamais ; il s'achète des tenues d'ouvrier qu'il ne porte jamais, une cape espagnole qu'il ne porte pas ; il prend des notes pour un livre qu'il n'écrit jamais ; il est jaloux d'une femme dont il ne veut pas ; il ne désire les femmes que pour les quitter, sans les avoir eues. » (p. 374).
Son père
« Chaque découverte que j'ai faite de ta vie, de toi, répond à ce que j'ai le plus profondément voulu qu'elle soit, que tu sois. Je me rends compte que je les ai cherchées dans d'autres êtres, obscurément. Que toi, et toi seul, remplis un grand vide que je trouvais dans le monde. » (p. 237).
Son mari, Hugh Parker Guiler
« […] j'épingle encore une fois un beau petit mot pour Hugh sur le lit. Il est rentré à minuit et mon mot l'a aidé à s'endormir paisiblement. Je suis arrivée le lendemain matin pour le petit déjeuner. Et mon comportement efface toute la douleur que pourrait causer mon exigence de liberté. Je lui dis gaiement : « Tu vois comme c'est bien de laisser sortir le chat… ». » (p. 359).