Nouvelle vague de fatigue qui m’aplatit depuis quelques jours tant pour les aspects pratiques qu’intellectuels de ma vie. Séance d’écriture du mardi à laquelle je viens sans autre motivation que l’appel de la nécessité parce que je sais aussi que si je suis si fatiguée, c’est avant tout parce que je n’écris pas assez. J’ai plutôt une grande soif de lecture. Ce soir, j’ai hésité entre venir dans mon bureau et me mettre au lit pour lire mais je sais que je m’endormirai trop vite pour avoir mon comptant de lecture, alors je me suis dit que j’allais au moins venir écrire dans le journal. J’ai pourtant eu quelques idées aujourd’hui, emportée par Le livre que je ne voulais pas écrire, un roman bouleversant tant pour le sujet (le massacre du Bataclan de 2015) que pour l’humour et un style acéré, du flux de conscience moderne.
J’entends par moderne cette caractéristique, propre à la littérature contemporaine, du flux de conscience qui donne l’impression d’être emporté dans un rythme effréné qui ne reprend que rarement son souffle. Le flux de conscience à l’origine, était plutôt de l’ordre de la contemplation et de la lenteur. Tout procédé stylistique s’adapte à la Société dans laquelle il est utilisé. Cette utilisation du flux de conscience est très caractéristique de notre façon de vivre vite, dans un quotidien qui ne nous laisse plus un moment de pause que nous ne nous accordons pas nous-mêmes au risque de perdre en efficience, de perdre du temps. Toujours vivre pressés, et sous-pression, rajouter constamment de multiples choses à faire, et à faire rapidement (et vite fait bien fait est le must), comme s’il nous fallait toujours courir parce que nous prendrions conscience que, malgré les progrès technologiques, sociaux et humains, qui ponctuent notre quotidien, on ne parvient pourtant pas (jamais suffisamment) à gagner sur le temps. C’est comme si nous gagnions du temps (sur les corvées ménagères notamment) pour mieux en perdre à d’autres choses non-essentielles. Peut-être aussi trop de jugements de valeur, trop de hiérarchie dans nos têtes pour se souvenir que tout est essentiel.
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