Justine Coffin
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Fragment 31

La littérature dite « féminine »

La question de l'écriture sexuée et du regard du lecteur.

— Dirais-tu que ton écriture relève d'une écriture féminine ?

— Bien sûr ! Toute femme qui écrit se confronte de toute manière à cette catégorisation ! C'est d'ailleurs une question qu'on ne pose toujours pas aux hommes.

Quand j'écris, je ne me sens pas plus homme que femme, je suis simplement quelqu'un en train d'écrire. L'entité écriture ne fait pas de différenciation ni de discrimination.

La littérature a des années lumières d'avance sur notre société : elle a une sexualité indéterminée, elle a déjà compris qu'il n'y a pas de distinction à faire selon une ethnie, un sexe, une religion, etc. Il y a simplement des êtres humains, des citoyens du monde.

— Tu es une écrivaine militante ?

— Si je lutte pour quelque chose dans mon écriture, c'est en tant qu'humain et humaniste. Je veux simplement qu'on me considère comme un être humain qui a légitimité d'être et d'écrire. Alors, simplement écriture, point.