- C’est drôle, tu parles souvent de « scènes » pour référer à un morceau de tes romans. Tu dis : « j’écris une scène » plutôt que de parler de chapitre par exemple. Ça renvoie au cinéma, comme si tu écrivais un scénario.
- Oui, c’est vrai, je n’avais pas fait attention ! Ça vient sûrement de ce que j’écris toujours en fragments. Je n’écris pas de narration continue. La trame du récit se tisse d’un fil invisible entre les scènes et c’est au lecteur ensuite de tisser entre les blancs.
Mes romans sont des assemblages de scènes dans le sens où la caméra tourne à l’instante, puis ellipse, et on se retrouve à regarder une toute autre séquence du film.
Pour ce qui est de l’analogie avec le cinéma, c’est indéniable. Je suis aussi très influencée par les films qui me touchent et qui m’ont marquée. Ils me transforment, tout comme une chanson ou un livre, parce qu’ils me font voir autre chose ou de manière différente, et cette rencontre change forcément ma perception du monde : elle l’élargit.
Donc, pour moi, mes romans sont aussi des sortes de films que je finis moi-même par regarder en spectatrice.