Et l’insipidité se poursuit. Même ton journal de « ces trois années-là » (2009- début 2012) est insipide. Non seulement mince mais aussi un ramassis de plaintes et de cris étouffés à l’encontre des autres face auxquels, en vrai, tu gardes le silence, des récriminations en fait tournées vers toi-même. Et il n’est pratiquement plus question d’écriture.
Livres vite lus et vite oubliés, sans saveur. Acide sulfurique (Amélie Nothomb), Au secours pardon et Un roman français (Frédéric Beigbeder), Charly 9 (Jean Teulé), la trilogie de Katherine Pancol (Les yeux jaunes des crocodilesLa Valse lente des tortuesLes Écureuils de Central Park sont tristes le lundi), Je l’aimais (Anna Gavalda), Mary Ann en automne (Armistead Maupin), Mort aux cons (Carl Aderhold). Aucun gardé dans ta bibliothèque.
Un approfondissement dans l’Œuvre de Nick Hornby, pas toujours égale, mais avec des éclats, surtout Haute fidélité et Juliet, naked, moins dans Slam et Vous descendez ?, et dans celle de Douglas Coupland (Jpod).
Tu lis enfin Les Nuits fauves de Cyril Collard, film choc de ton adolescence, qui vaut tous les discours de prévention contre le SIDA.
Et un titre qui résonne encore et marque ton année avec la figure du funambule sur son fil tendu entre les deux Twin Towers dont tu te rappelles les images de chute vues à la télé en boucle le jour du 11 septembre 2001 en rentrant du collège : Et que le vaste monde poursuive sa course folle (Collum McCann).
Il y en a eu quelques autres mais de toute façon, de cette année de lecture là aussi, aucun souvenir, pas une citation relevée dans le carnet. Année mirage.

Les livres surgissent dans notre vie comme des accidents positifs. Les imprévus viennent de nous-mêmes. C’est la rencontre du connu et de l’inconnu, du réel et du fantasmé. Ces quatre forces se heurtent, se mélangent et produisent quelque chose de l’ordre de l’incarnation d’un fantôme. Le livre apparaît, fruit d’une magie qui embrase le monde.
Martin Page. L’Apiculture selon Samuel Beckett. p. 77 (postface).
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